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        Sécutrité routière
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Enjeux de
  la Sécutrité routière à l'échelle mondiale

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   A l’échelle mondiale, la question des accidents de la route se pose désormais comme un enjeu de santé publique, une cause d’intérêt planétaire.

   En effet, au niveau de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), il est estimé que la réduction des accidents de la circulation peut contribuer à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement humain, objectifs qui consistent notamment à réduire de moitié l’extrême pauvreté et à abaisser sensiblement la mortalité infantile.

   En 2004, un rapport conjoint de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et de la Banque mondiale sur la prévention des traumatismes dus aux accidents de la circulation a été publié à l'occasion de la journée mondiale de la Santé de l'OMS, consacrée pour la première fois, à la sécurité routière. Ce rapport présente en détail l'ampleur des facteurs de risque et des conséquences des accidents de la route, ainsi que les solutions pour prévenir ces accidents et en atténuer les conséquences.

   Au niveau de l'ampleur, le rapport souligne que les accidents de la circulation représentent un problème de santé publique croissant. En effet, d'après les données de l'OMS, le nombre de décès dans le monde imputable aux accidents de la circulation est passé de 999 000 en 1990 à 1 183 492 en 2002, soit une augmentation d'environ 10 %. La part des pays à faible revenu et à revenu moyen représente 90% des décès. La répartition régionale de ces décès classe l'Afrique en troisième position en termes de nombre absolu de décès avec 190 191 décès. C’est la Région du Pacifique occidental de l’OMS qui a enregistré le plus grand nombre absolu de décès en 2002, avec un peu plus de 300.000 décès suivie de la Région de l’Asie du Sud-est, avec tout juste un peu moins de 300 000 décès. A elles deux, ces régions comptent pour plus de la moitié des décès imputables à des accidents de la circulation dans le monde. Aujourd’hui, le nombre de tués par an sur les routes du monde avoisine 1.500.000

   Aux termes des statistiques d’accidents de la circulation comptant pour les cinq (05) dernières années, il ressort que chaque jour sur les routes au Bénin, seize (16) accidents se produisent avec deux (02) personnes tuées et treize (13) autres sont blessées. Des suites de ces accidents qui surviennent sur le chemin de l’école, en voyage ou encore au cours du trajet service-domicile, des milliers de personnes - plus de 4.000 par an - passent de longues semaines d’immobilisation à l’hôpital et beaucoup d’entre elles ne parviennent plus jamais à vivre, travailler ou jouer comme elles le faisaient auparavant. Ainsi, cette situation constitue un frein au développement du pays.

   En termes de taux de mortalité par contre, l’Afrique est hissée au premier rang avec 28,3 pour 100 000 habitants, quand ce taux est 32 pour 100.000 dans l’espace UEMOA et la moyenne mondiale autour de 18 tués pour 100.000 habitants. Les principales victimes identifiées demeurent les piétons, les passagers, les cyclistes, les utilisateurs de deux-roues motorisés et des occupants d'autobus et de minibus ; ces victimes sont pour la plupart du groupe d'âge de 15 à 45 ans.

   Au niveau des conséquences économiques, le rapport indique que les accidents de la circulation coûtent aux pays à faible revenu et à revenu moyen de 1 % à 2 % de leur PNB, soit plus que la totalité de l'aide au développement qu'ils reçoivent.

   L'OMS explique cette situation par un éventail de facteurs au nombre desquels figurent l'excès de vitesse, l'alcool, la fatigue du conducteur, le manque de visibilité, la surcharge, la négligence de la sécurité dans la planification, la conception et l'entretien du réseau routier, le défaut de port de la ceinture de sécurité et du casque à moto, l'insuffisance des ressources humaines et matérielles nécessaires à l'application des mesures de sécurité et les arrangements dans les modes de transport parallèles avec la police.

   A la suite du rapport de 2004, plusieurs résolutions de l’Assemblée générale des Nations Unies et de l’Assemblée mondiale de la Santé ont été prises appelant les États Membres à faire de la sécurité routière une priorité parmi les problèmes de développement et de santé publique et à prendre des mesures pouvant permettre de baisser le nombre de morts et de blessés sur les routes dans le monde.

   En 2009, le Rapport de situation sur la sécurité routière dans le monde, publié par l’Organisation Mondiale de la Santé consacre la première évaluation de la sécurité routière dans 178 pays à travers le monde. La même année, la Commission pour la Sécurité routière mondiale lance un appel en faveur d’une décennie d’action pour la sécurité routière afin que toutes les sociétés se concertent pour remédier à la grave crise de la sécurité routière.

   

   

   Cet appel sera repris dans la « Déclaration de Moscou » publiée à l’issue de la première Conférence ministérielle mondiale sur la sécurité routière organisée sous les auspices du Gouvernement de la Fédération de Russie en novembre 2009.

   Officiellement proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies en mars 2010, la Décennie d’action pour la sécurité routière 2011-2020, débutera le 11 mai 2011 à l’échelle de la planète. Au Bénin, une cérémonie officielle de lancement a été organisée à cet effet le 11 mai 2011 au Palais des Congrès de Cotonou.

   Au niveau sous régional, les Etats membres de l’UEMOA ont noté que les répercussions financières et socio-économiques des accidents de la circulation sont très néfastes.

   Ces Etats, soucieux de réduire de moitié le fardeau de l’insécurité routière à l’horizon 2015 en conformité avec les Objectifs du Millénaire pour le Développement et d’assurer la sécurité des biens et des personnes sur les réseaux routiers des Etats membres et de l’Union, sont convaincus que la responsabilité incombe aux collectivités décentralisées, aux Etats et à l’Union. Ils ont alors affirmé la nécessité d’engager sans délai, des mesures vigoureuses de tous ordres, impliquant tous les secteurs concernés par la sécurité routière, notamment, la route, le transport routier, les contrôles routiers, le contrôle technique automobile, la santé, l’éducation, la réglementation, la législation, la communication.

   C’est ainsi qu’il a été créé en 2009, un Comité Régional de Sécurité Routière (CRSR), auprès de la Commission de l’UEMOA.

Dans le même esprit, les Directives et Recommandations suivantes ont été édictées par le Conseil des Ministres de l’Union ; il s’agit de :
   - Directive n°12/2009/CM/UEMOA Portant institution d’un schéma harmonisé de gestion de la sécurité routière dans les Etats membres de l’UEMOA.
   - Directive n°13/2009/CM/UEMOA Portant institution de l’Audit de Sécurité Routière dans les Etats membres de l’UEMOA.
   - Directive n°14/2009/CM/UEMOA Portant institution et Organisation d’un système d’Information sur les accidents de la circulation routière dans les Etats membres de l’UEMOA.
   - Directive n°15/2009/CM/UEMOA Portant Organisation du Système de Formation à l’Obtention du Permis de Conduire dans les Etats membres de l’UEMOA.
   - Recommandation n°02/2009/CM/UEMOA Relative à l’Institution de l’Education à la Sécurité Routière dans les systèmes Educatifs des Etats membres de l’UEMOA.

   Suite aux conclusions de la 2e réunion de la Conférence des Ministres Africains des Transports (CMAT) tenue à Luanda en Angola du 21 au 25 novembre 2011, deux décisions d’importance ont été prises par les Etats membres de l’Union Africaine au terme du 18e Sommet de l’Union tenue en janvier 2012 à Addis-Abeba.
   - Il s’agit de l’adoption du plan d’action africain pour la « Décennie d’actions 2011-2020 pour la sécurité routière » et de l’institution d’une Journée africaine de la sécurité routière, le troisième (3e) dimanche du mois de novembre, déjà consacré à la Journée mondiale du souvenir des victimes de la route.    - La première édition de cette journée célébrée le 18 novembre 2012 a été placée sous le thème : « Des routes plus sures au service du développement durable de l’Afrique».

   Au regard de la mobilisation actuelle en faveur de la sécurité routière, la question se pose de savoir si la structuration du cadre institutionnel et règlementaire de la sécurité routière et les programmes mis en œuvre en la matière au Bénin permettent de lutter efficacement contre les accidents de la circulation en tant que sous produits du système des transports routiers ?

   N’est-il pas opportun d’optimiser le cadre actuel de gestion de la sécurité routière par un renforcement des institutions et une remise à jour de l’arsenal législatif et règlementaire en vigueur ?

   De façon plus spécifique, le réseau routier existant assure t-il à l’ensemble des usagers en général et aux plus vulnérables en particulier le niveau de sécurité souhaité ?

   Le parc automobile roulant évolue t-il dans un cadre règlementaire garantissant une maintenance appropriée et un renouvellement répondant aux normes de sécurité active et passive promulguées par le Bénin ?

Les lecteurs sont invités à réfléchir sur ces interrogations.
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